Sabratha, le trésor des antiquités

Par Narjiss Naji
Ville de Sabratha
Ville de Sabratha

L’histoire de la ville libyenne de Sabratha est  très ancienne. Située à près de 67 km à l’ouest de la capitale Tripoli, sur la côte méditerranéenne, elle est l’une des destinations touristiques les plus prisées dans le pays. Son charme est inégalable. Elle est classée par les Nations Unies comme site commercial phénicien, qui servait, à une époque lointaine, de débouché pour alimenter en produits les régions reculées d’Afrique. De ce fait, Sabratha a été incluse en 1982 dans la liste des monuments importants de l’UNESCO. 

Et vu ce qu’elle contient comme éléments antiques, Sabratha est un véritable «trésor des antiquités libyennes». 

 

Sabratha... Une histoire bâtie sur des ruines

 

De nombreux grands voyageurs européens du 19ème siècle se sont attardés sur les ruines de Sabratha, son théâtre, ses belles arches,  ses statues, ses bâtiments et son port.

Avec l’entrée des armées italiennes en Libye au début du 20ème siècle, le gouvernement italien a ordonné des recherches archéologiques, ce qui a conduit à la découverte et à la restauration de monuments inédits, et qui font jusqu’à l’heure d’aujourd’hui la beauté de cette ville antique.

A travers l’histoire, la ville est passée sous le contrôle de nombreuses nations et peuples. Certains historiens font remonter la fondation de la ville à l’époque des Phéniciens, pour ensuite passer sous le contrôle des Romains, les Vandales qui y ont fait des ravages, puis des Byzantins et ensuite des musulmans. La ville de Sabratha était connue chez les Arabes sous le nom de Sabra, telle que l’ont identifiée des historiens comme Ibn Khaldoun.

Après la conquête islamique, elle était peuplée par des tribus zouagha et berbères, et toute la région fut appelée Zouagha, un autre nom mentionnée par certains historiens et spécialistes.

 

La fondation de la ville

 

Les origines de la ville de Sabratha remontent au début du premier millénaire av. J.-C. dans la période suivant l’établissement des premières colonies phéniciennes en Afrique du Nord, à leur tête les anciennes cités d’Utique (en Tunisie) et de Carthage.

Sabratha est l’une des villes les plus importantes de la Tripolitaine (Afrique romaine), située dans ce qui est aujourd’hui la Libye occidentale. À l’époque antique, elle formait avec Oea (appellation ancienne de Tripoli) et Leptis Magna un trio de villes qui a donné son nom à la Tripolitaine. Les villes furent également appelées Emporia, signifiant les centres commerciaux. 

Ces trois villes furent longtemps les marchés et les ports commerciaux les plus actifs de la Libye phénicienne (punique) jusqu’à l’effondrement de la domination carthaginoise et l’établissement du royaume de Numidie, avant de passer sous contrôle des Romains, qui ont pu étendre leur influence à la suite de la guerre civile romaine.

La plupart des ruines de la ville remontent aux premier et deuxième siècles de la fondation de l’Empire romain, tandis que les sites des anciens temples puniques entourant la place du marché (forum), le palais de justice (la basilique) et le conseil municipal (la curie) ont été reconstruits au IVe siècle.

D’après un expert en restauration de monuments archéologiques, un artiste a pu restaurer cette statue et lui restituer intégralement ses caractéristiques historiques, mais en prenant le soin de supprimer des adjuvants étranges qui ont été ajoutés lors des deux restaurations de 1997 et de 2006, et ce dans un souci de préserver son authenticité.

Selon Mohamed Khalifa Elhaslog, président de la municipalité de Sabratha, les sites historiques de la ville lui ont valu d’être classé patrimoine mondial de l’Humanité par l’Unesco. Il cite, parmi ces monuments, l’amphithéâtre romain, le Mausolée libyco-punique de Bès et la basilique de Justinien, entre autres.

Dans une déclaration à Maghreb1, il fait savoir que «parmi les sites romains ayant été conservés en bon état figure l’amphithéâtre romain à trois étages, un monument «unique en son genre» puisqu’il date du IIè siècle.

«Cet amphithéâtre, l’un des plus beaux du monde, se distingue par sa forme semi-circulaire», indique-t-il

Pour tromper l’ennui, les Romains avaient l’habitude d’aller à l’amphithéâtre, soit pour regarder des pièces de théâtre, soit pour assister aux combats qui opposaient dans les arènes tantôt des hommes entre eux, tantôt des hommes et des bêtes sauvages.

Jouxtant des forêts, des lieux de loisirs et des espaces verts, la plage sablonneuse est une autre attraction touristique tout aussi recommandée pour passer du bon temps en famille, explique-t-il

 

Des sites archéologiques en péril

 

En dépit de toutes les potentialités dont regorge la ville de Sabratha, notamment sur le plan archéologique, l’UNESCO tend à retirer Sabratha de sa liste du patrimoine mondial, à cause du conflit armé qui s’est déclenché au cours de la dernière décennie après la révolution du 17 février 2011 entre les différentes factions armées libyennes. Aujourd’hui plusieurs sites archéologiques sont en danger.

En effet, de nombreux sites historiques libyens ont été carrément détruits, alors que d’autres biens culturels ont été volés à la suite des attaques des milices et de l’Etat Islamique (Daech) sur la ville après la chute du régime Kadhafi.

Pour conserver ce qui reste de Sabratha, plusieurs travaux de restauration ont été lancés notamment, la réhabilitation de l’Office du tourisme de Sabratha, des bureaux de l’Autorité archéologique, la construction du poste de police touristique, la protection des sites historiques, ainsi que la rénovation de trois portes.