Oldy: «Il faut garder un esprit musical ouvert pour évoluer»

Par Zineb Bouazzaoui
Composition de Oldy DR
Composition de Oldy DR

Maghreb1: Qui est Oldy pour les gens qui ne le connaissent pas?

 

Oldy: Je suis producteur depuis 2006-2007, et j’ai commencé à me faire connaître via YouTube grâce à mes productions et en 2019 j’ai pu faire mon premier placement avec Ouenza sur le titre intitulé 2019. Ensuite on a pu m’entendre avec plusieurs artistes comme Anys, ELGrandeToto, Dizzy Dros, SmallX, Momo, Todd…

 

Quelles sont les choses qui vous ont inspiré à vous lancer dans le beatmaking?

 

A la base, vu que je voulais être rappeur, je cherchais des instrumentales sur lesquelles je pouvais poser, mais je n’en trouvais pas assez donc j’ai dû m’intéresser à la composition.

Vous vous êtes lancés à quel âge?

 

J’ai commencé à l’âge de 13 ans mais en réalité je ne m’y suis mis sérieusement que lorsque j’en avais 16.

 

Vous avez débuté sur quel logiciel?

 

J’ai débuté sur Ejay HipHop et je suis passé à FL Studio dans lequel je compose à l’heure d’aujourd’hui

 

Est ce que c’était facile pour vous d’allier passion et études?

 

C’était assez difficile honnêtement. C’est à partir du Master que j’ai pu avoir plus de temps pour la composition.

 

Décrivez-nous votre première fois dans un studio

 

La première fois c’était en 2019 au Studio La Ruche, nous y sommes allés avec Ouenza justement pour travailler sur le titre «2019», c’est un studio très prisé, des artistes internationaux comme Big Sean, Vegedream y ont travaillé. Quand j’y passais des sessions, je me sentais comme un enfant au milieu d’une salle de jeux. J’étais dans mon élément.

 

Vous créez à mesure de vos envies ou vous vous mettez dans une optique de «planning productif»?

 

Ça peut dépendre du mood dans lequel je me trouve. Des fois, l’inspiration fait en sorte que je ne puisse pas toujours travailler quand j’en ai envie et d’autres fois, je m’impose un rythme de travail parce que l’inspiration est là et que j’en profite. Il m’arrive de passer des semaines à composer du réveil  jusqu’à tard le soir.

 

Comment vivre du beatmaking/avec le beatmaking?

 

Alors pour vivre du beatmaking, il faut travailler assez dur, un peu comme dans tous les domaines. Pour ma part, j’en vis aujourd’hui car je suis signé en maison de disque (Wagram) et j’ai la chance d’être reconnu pour mon talent, mais en réalité il n’y a que ma capacité à travailler sans relâche qui m’a permis d’obtenir la place que j’ai aujourd’hui et ce n’est que le début. Pour en vivre, il faut aussi savoir développer ses capacités autour du beatmaking, enregistrer, mixer, masteriser, … Il y a beaucoup de travail à faire, ensuite il faut tout faire pour placer ses prods auprès des artistes. C’est énormément de travail.

 

Comment avez-vous appris à faire des beats? Est-ce que vous avez suivi une formation musicale en particulier?

 

Non, j’ai appris en autodidacte. Pour utiliser les logiciels, j’ai regardé beaucoup de vidéos sur YouTube, mais en ce qui concerne la musique en tant que telle, j’ai juste développé mon oreille en travaillant et en travaillant encore.

 

Parmi tous les styles musicaux que vous avez pu tester en tant que beatmaker, est-ce qu’il y en a un que vous avez trouvé plus fun que les autres?

 

 Le New Jack Swing. J’ai trouvé ce style musical très fun. Avant, je n’ai jamais pensé qu’un jour j’allais m’inspirer de la vibe Michael Jackson ou des Backstreet Boys, puis quand j’ai travaillé des prods de ce style, par exemple sur «Nanana» de Todd, j’ai ouvert les yeux et les oreilles sur quelque chose de très plaisant. Il faut garder un esprit ouvert musicalement pour pouvoir évoluer d’une manière constante.

 

Être en studio directement avec l’artiste vous permet de mieux faire capter les intentions derrière les prods? Sentez-vous une différence par rapport aux échanges qui se font exclusivement en ligne?

 

En studio c’est un cadre très spécial, on peut capter le mood de l’artiste avec qui on travaille, on peut même capter l’ambiance du Studio lui-même. Parfois c’est la journée que tu passes avec les personnes autour de toi qui fait que tu te retrouves dans le même mood que l’artiste avec qui tu travailles et là la magie opère encore plus, c’est comme une alchimie. Par mail aussi ça a des côtés plaisants. Des fois ça m’arrive de bosser une prod, de l’envoyer et de l’oublier  totalement, puis un matin au réveil, je reçois un mail d’un artiste qui a posé dessus et là la surprise est époustouflante. 

Parlez-nous de votre collaboration avec ELGrandeToto, SmallX et Ouenza

 

Comme je l’ai dit plus tôt, Ouenza est le premier artiste dans le paysage du rap marocain avec lequel j’ai pu faire mon premier placement. D’ailleurs c’est même avec lui que j’ai pu travailler ma première prod sur laquelle a posé ELGrandeToto puisque c’était sur le son «Ok Wait» sur lequel ils étaient en featuring. Plus tard j’ai pu rencontrer SmallX via Drisigner (graphiste, réalisateur…). Puis j’ai composé «Thezz» sur lequel ELGrandeToto avait invité SmallX en featuring. Ça a donné ce que ça a donné, le son a beaucoup tourné et ça fait plaisir.

 

Quels sont vos projets?

 

Je travaille beaucoup en ce moment. Pour vous donner une idée sur ce qui se passe actuellement, j’ai composé une prod pour Ouenza, sur laquelle il a invité Saad Lamjarred et Anys et j’espère que vous allez apprécier comme j’ai apprécié sa composition et l’échange qui s’est fait entre nous. Sinon, il y a beaucoup de bonnes choses à venir...