A la découverte des étoiles montantes

Par Amine Harmach
Visa for music DR
Visa for music DR

Des pépites, des artistes révélations, des musiciens et chanteurs inspirés et inspirants.

L’édition 2021 de Visa for Music n’a pas dérogé à la règle de cette manifestation devenue, au fil des années, le rendez-vous incontournable autour des musiques d’Afrique et du Moyen-Orient.

Tenu en mode hybride du 17 au 26 novembre 2021, ce festival et marché professionnel des musiques a proposé 18 showcases d’artistes marocains sélectionnés avec rigueur par un jury professionnel, des artistes à écouter et réécouter sur la chaîne YouTube et page Facebook de Visa 4 music.

Il s’agit de concerts digitaux qui ont permis de promouvoir les artistes même en période de crise, de toucher des publics différents à l’international et d’attirer la jeunesse connectée.

Cette année donc, les groupes à l’honneur étaient originaires de M’hamid El Ghizlane, Casablanca, Oujda, Béni Mellal, Essaouira, Berkane, Rabat, Agadir, Salé, ou encore Marrakech. Autant de formations  qui n’hésitent pas à puiser dans leur patrimoine musical tout en innovant et restant ouvert aux cultures du monde.

Les styles représentés allaient du chaâbi à l’électro en passant par le rap, le gnaoua ou encore la pop. Voici une petite sélection non exhaustive de coups de cœur sélectionnés par Maghreb 1 parmi les nombreux talents dévoilés lors de Visa For Music 2021.

 

Izouran N-Sahara 

 

«C’était un honneur de faire partie de Visa For Music cette année. Nous avons vécu une expérience très intéressante d’abord au studio Hiba pendant la session d’enregistrement et ensuite à Rabat où nous avons eu la chance de rencontrer beaucoup de personnes qui ont une longue expérience dans le monde de la musique. A l’Institut Français de Rabat, nous avons eu une session de coaching sur la façon dont nous nous présentons sur scène et beaucoup d’autres choses qui nous aideront certainement dans notre carrière. Enfin, nous tenons à remercier tous les membres de la Fondation Hiba, Anya Music et Visa for Music pour leur professionnalisme», explique un membre du groupe IZOURAN N-SAHARA qui a pris part à cette huitième édition de Visa For Music.  

Ce groupe qui fusionne la musique traditionnelle des Amazighs à celle des Aaribs du désert du Sahara chante en langues Tamazight et Hassani, embrassant ainsi la diversité de la culture de leur région.  

Ayoub Hattab, voix forte et libre 

 

Il suffit d’écouter les toutpremiers accords de guitare de la chanson «qendil» pour être happé par l’univers mélancolique et envoûtant de Ayoub Hattab. Ses atouts: des textes personnels en darija bien ficelés servis par une voix forte avec une large tessiture et une musique où rock et pop se mêle mélodiquement sans complexe. A noter que ce trentenaire a remporté en 2018 le prix du concours Hiba-Rec session rock, initié par la Fondation Hiba. Il fonde ainsi son premier groupe nommé Haraj avec lequel il sort deux titres et participe à plusieurs concerts dont le festival L’Boulevard. Ayoub lance sa carrière solo en 2019 et sort 4 titres dont un featuring avec la chanteuse Nada El Azhari. 

 

Kawtar Sadik envoûtante

 

«Visa for Music était une magnifique expérience, elle m’a permis de partager une autre facette de mon art avec le public, cette version hybride est vraiment importante ça nous permet, à nous les artistes de scène, d’avoir une scène digitale avec un public encore plus large», explique la jeune chanteuse Kawtar Sadik.

Pour Visa For Music, elle a assuré le show en solo équipée d’une table de mixage de DI et d’un micro pour revisiter des standards des répertoire s amazighs, gnawa et autres musiques traditionnelles aux sons de rythmes électro et de mélodies transe. Une expérience audacieuse et intéressante grâce à la voix chaleureuse de Kawtar et sa maîtrise de la scène. Mais qui reste en deçà de l’énorme potentiel de Kawtar Sadik quand elle chante un titre comme «Hta ana b3youbi» écrit par Mohamed El Yahyaoui et composé par Mahmoud Migri.   

 

Hind Ennaira, gnawa au féminin 

 

Présence, sens du rythme et charisme… voilà une femme qui, bien que jeune (née à Essaouira en 1997) n’a rien à envier aux maalem gnaoua. Elle est l’une des très rares joueuses de Guembri. Son surnom, «Bent Haoussa» lui a été donné par la confrérie des Gnawas du Maroc, faisant référence au peuple haoussa qui participe activement à la création de la culture Gnawa. 

Elle a joué dans de nombreux festivals et spectacles avec de nombreux grands maîtres gnawa. Hind milite aujourd’hui pour diffuser le «gnawa féminin». Cette musique ayant été jouée pendant des siècles uniquement par des hommes, Hind veut ainsi montrer le pouvoir des femmes arabes.

Fatima Tachtoukt, diva amazighe

 

Fatima Tachtoukt est une étoile montante de la chanson amazighe marocaine. Accompagnée par des danseuses tout en grâce et beauté et une troupe musicale traditionnelle où le rabab donne le «la», la trentenaire de par son aisance et son énergie hors pair enflamme à coup sûr la scène et insuffle à sa musique une modernité qui n’enlève en rien son authenticité. La diva célèbre l’art des Rrways avec des poèmes d’une extraordinaire diversité et qualité, et chante la fierté des femmes et leur force. Dans la chanson Tamazight Aymmi, elle scande: «Enseigne au nouveau-né notre langue / Que ton enfant parle la langue de son pays», implore les mères de donner des noms berbères à leurs enfants.

Urban Folklore, made in Rabat

 

Groupe de Jazz/ Ethnic basé à Rabat et formé en 2019, Urban Folklore a livré pour Visa for music un set musical enivrant qui témoigne du travail de recherche et la maturité du groupe. 

Le projet s’est créé autour de la rencontre des musiques folkloriques du monde et des musiques urbaines (funk, rock, jazz, electro...). 

Urban Folklore prépare son premier EP constitué de compositions originales.