Festival à Sahel Ouvert: et de six !

Par Amadou Seck
Festival à Sahel Ouvert DR
Festival à Sahel Ouvert DR

Le Festival à Sahel Ouvert (FASO), édition 2022, a étalé ses fastes et a distillé ses décibels du 25 au 27 février dans la commune de Mboumba, sous le thème «de l’eau et de la paix».

La localité ayant abrité cette grande rencontre culturelle, avec une dimension hautement économique et sociale, est située dans la région de Saint-Louis, au Nord du Sénégal. Elle est frontalière de la Mauritanie.

Dans l’esprit et la dynamique de faire la promotion de «la paix et de l’eau au Sahel», plusieurs dizaines d’artistes de la sous-région ont uni leurs voix comme des sirènes sonnant dans une parfaite harmonie à travers un immense spectacle harmonieux au niveau du son et de la lumière pour porter haut le plaidoyer.

Une détermination des artistes qui s’exprime parfaitement à travers le discours de NDongo Di, membre du groupe de rap sénégalais Daara J, rapporté par la presse dakaroise.

«L’avenir de l’Afrique repose sur sa jeunesse et pour arriver à notre objectif, nous devons unir nos forces, nos idées et nos compétences. C’est dans cet esprit, que nous avons décidé en tant qu’artistes, de porter ce combat à travers un single, voix du fleuve, voix de la paix, pour montrer à tout le monde la synergie africaine», explique-t-il.

 

Art, support d’un partenariat pour la paix et le développement

 

Le festival est partenaire de l’Initiative «Voix du Fleuve, Voie de la Paix», dont l’esprit repose sur une conviction profonde. «L’art et la culture sont deux éléments indissociables pour la promotion de la paix, elle-même condition d’un développement durable.

C’est en partant de cet esprit qu’il sera possible de faire émarger un plaidoyer local pour une nouvelle grille de lecture des projets à forte valeur équitable et conforme aux intérêts locaux, notamment, ceux des franges constituées par les jeunes et les femmes, explique le document de base du festival 2022.

La manifestation a proposé à un public constitué de plusieurs milliers de militants du développement et fans de musique, venus du Sénégal, de tous les pays du Sahel, mais aussi de la diaspora, un concept inédit, à quelques semaines du Forum Mondial de l’Eau (FME), dont les assises se sont déroulées à Dakar (Sénégal) du 21 au 26 mars 2022.

Côté animation sur scènes et sonorités, le public en a eu plein les tympans. En effet, de nombreux artistes issus de l’espace de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), composée de la Guinée, du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal, ont servi des prestations abouties.

L’OMVS est considérée comme un exemple réussi de coopération pour l’exploitation commune des ressources d’un bassin d’eau traversant plusieurs Etats.

La scène a vibré grâce à Baba Mall (Sénégal), Noura mint Seymali (Mauritanie), Thiedel M’Baye (Mauritanie), Sekou Kouyaté (Guinée), Sonia Jobateh (Gambie), Samba Peuzzi (Sénégal), Fatoumata Diawara (Mali).

Le Mali a été également représenté par deux collectifs de femmes issues de deux générations parmi lesquelles la grande cantatrice Nainy Diabaté, et encore bien d’autres artistes, musiciens, spécialistes de différentes formes d’arts.

Ainsi, les trois journées dédiées à l’événement ont été richement meublées pour combler à la fois le grand public, et les amoureux de l’art sous toutes les formes, c’est-à-dire ces hommes et ces femmes au regard averti, qui tranchent avec le profane.

Les journées du 25 au 27 février ont été marquées par «des ateliers de cinéma, de théâtre, de danse, de photographie et l’organisation de consultations gratuites de médecine générale et de spécialités, avec un focus sur les maladies gynécologiques pour l’édition 2022». Pour l’occasion, les griots traditionnels et les jeunes artistes, issus du terroir et venus d’autres horizons, se sont également produits sur une scène ouverte, suivant un esprit à la fois ancré dans la tradition et résolument ouvert à la modernité.

Le fleuve, frontière naturelle entre le Sénégal et la Mauritanie, a été le théâtre de cérémonies traditionnelles.

Ces différentes activités renvoient globalement à une réflexion stratégique pour allier l’utile à l’agréable grâce à une forte symbolique de sensibilisation. En effet, en se positionnant sur le chemin du Forum Mondial de l’Eau (FEM), l’initiative «Voix du Fleuve, Voie de la Paix» et le FASO entendent créer en synergie, un cadre et les conditions «d’une réflexion stratégique et créative sur les enjeux liés à l’eau entre populations riveraines du fleuve Sénégal, dirigeants de l’Organisation pour la Mise en Valeur du Sénégal (OMVS), personnalités et experts en gestion de l’eau.

Des consultations populaires le long du fleuve ont été organisées au cours de la manifestation, avec le soutien de la star de la musique sénégalaise et africaine Baba Mall, qui a décroché un Oscar aux Etats-Unis pour la musique du film «Black Panther».

Ce parrain actif du projet est ambassadeur des Nations Unies contre la désertification. C’est une véritable icône, véhiculant l’image de «la voix du peuple».

Les résultats de cette réflexion stratégique ont été restitués à l’occasion du Forum Mondial de l’Eau (FME), organisé à Dakar.

Cette démarche vise à prendre en compte la dimension des intérêts des populations de la vallée du fleuve dans les projets de développement dont elles sont la cible et le centre d’intérêt.

Le FASO, une constellation d’étoiles

 

Le Festival à Sahel Ouvert (FASO) est une véritable constellation d’étoiles, rien que des têtes couronnées de la musique au niveau national, sous régional, continental et mondial.

Une assertion vérifiable par les chiffres et les noms de tous ceux qui travaillent avec cette organisation, et soutiennent une manifestation occupant une place de choix dans l’agenda culturel de la sous région depuis une douzaine d’années.

Il s’agit d’une brochette de 350 artistes parmi lesquels on retrouve la star planétaire Youssou Ndour, mais aussi d’autres monstres sacrés de la musique sénégalaise, africaine et internationale: Ismaël Lô, Seun Kuti, Omar Péne, Bonga, Germaine Acogny, Daara J Family, Wasis Diop.

Après une douzaine d’années d’existence, le FASO affiche un bilan digne de respect «1000 arbres plantés, des actions médicales inédites avec 900 bénévoles impliqués, dans le cadre d’actions réalisées à 550 kilomètres au Nord Est de Dakar».